Humeur Les carnets d'Ophélie

Ophélie Abchiche : Quel bonheur de regoûter au podium tout juste 1 an après le dernier !

Il y a exactement un an, Romain et moi prenions le départ de la toute première manche du tout nouveau Clio Trophy France. A l’époque, il ne devait s’agir que d’un « one shot » pour se faire plaisir dans une formule de promotion. Qui aurait dit qu’un an plus tard, nous n’aurions pas raté une seule manche ? Pas moi en tout cas !

Si notre participation à chacune des manches a toujours été incertaine, il y en a une que nous n’aurions manqué sous aucun prétexte, celle du Rallye Mont-Blanc Morzine.

Notre Rallye préféré ! Presque à la maison. 10 participations pour Romain, 18 pour moi… un décor, une ambiance, des souvenirs inoubliables. C’est plus motivé que jamais et bien déterminés à atteindre la plus haute marche du podium que nous prenions le départ cette année d’une course s’annonçant exceptionnelle.

Le Rallye du Mont-Blanc est certes une belle course, mais est aussi pour nous l’occasion de passer une semaine entre amis dans la magnifique station Haut-Savoyarde qu’est Morzine. Chaque année nous y retrouvons nos amis et en rencontrons des nouveaux. De ce point de vue, 2021 aura également été un cru d’exception !

Chaque année nous reconnaissons le week-end afin de profiter de 3 jours de « vacances » après un été 100% travail : vélo et randos pour les uns, massages et spa pour les autres, sans oublier les pierrades, raclettes et fondues que nous regrettons toujours d’avoir mangé dans la montée de Joux Verte ! C’est bien le seul rallye que nous abordons si détendus, et presque chaque fois, cela paye !

Dès le shakedown du jeudi, nous commençons à mesurer à quel point la présence de Sébastien Loeb sur l’épreuve va rendre l’ambiance de cette édition totalement inédite. Un monde fou ! Le contraste est saisissant, d’autant plus après ces deux années si particulières de restrictions Covid. Malheureusement, cet invité d’envergure n’aura pas amené avec lui que du positif, mais j’en reparlerai plus tard.

Le départ est donné le vendredi matin. Le parcours ne présente cette année que peu de nouveautés. Le timing est cependant inédit. Compte-tenu du nombre exceptionnel d’engagés, la totalité des spéciales se feront sur une journée, et nous recommencerons le lendemain. Petite déception de ce côté-là, les routiers sont vraiment longs et cassent un peu le rythme de la course. Mais pour qu’autant de monde puisse profiter de ces magnifiques spéciales, c’est presque une obligation.

Dès le premier chrono, la mythique spéciale de Joux Verte nous partons à l’attaque. Un léger manque de confiance au freinage nous relègue à la 5ème place. Rien de catastrophique, les écarts sont faibles et le rallye est long. D’autant plus que le plateau d’excellents pilotes du Clio Trophy indique qu’être dans le top 10 est déjà en soit une performance.

Dans la Côte d’Arbroz, plus aucune hésitation. Nous réalisons le scratch de la coupe au terme d’une spéciale qui restera gravée dans nos mémoires. En plus de 10 ans de formules de promotion, nous n’avons jamais roulé aussi vite. La Clio est exceptionnelle, l’osmose à l’intérieur est parfaite. Le mode « machines de guerre » que nous avions connu dans nos « grandes années » est enfin revenu ! Et quel pied !

Dans Morillon, c’est une autre histoire. Nous n’aimons pas cette spéciale. Sale, piégeuse… nous sommes brouillon. La Clio est en vrac un virage sur deux, c’est un miracle de rester sur la route. 7ème temps à 6 secondes du scratch réalisé par Florian Bernardi.

Vient ensuite la magnifique spéciale de Joux Plane. Un peu lents dans la montée, ce sera « full attaque » dans la descente. 3ème temps à 1,7s de Romain Di Fante, leader sur ce chrono. Les écarts sont infimes, la course promet d’être serrée jusqu’au bout et la moindre erreur se payera cash au classement général.

Dans la spéciale du Lullin, c’est cette fois-ci Guillaume Canivenq qui réalise le meilleur temps. Pour nous, ce sera 3ème à 1,7s (encore !) La pluie menace mais ne semble pas vouloir réellement tomber. Juste de quoi stresser un peu tout le monde.

Draillant est LA nouveauté de ce rallye. Enfin presque, nous en empruntions une partie en 2009, partie dans laquelle j’avais d’ailleurs pour la petite histoire passé de nombreuses heures après une sortie de route. Ratant pour l’occasion un concert de Mylène Farmer à Genève auquel je devais assister… quelle idée aussi de mettre Mylène et le Rallye du Mont-Blanc en même temps ! Bref, passons sur mes anecdotes de vétéran du Rallye… cette année la spéciale est humide (cela dit, en 2009 aussi) et voit encore un nouveau pilote à sa tête en la personne de Styve Juif, à 2 secondes duquel nous terminons. Dans ce même chrono, Guillaume Canivenq commet une petite erreur, nous permettant de gagner la 3ème place au général, à seulement 4,8 secondes de la tête.

Un long routier nous conduit jusqu’à la spéciale du Biot. Bien trop long pour apprendre à notre arrivée que la spéciale est annulée pour raisons de sécurité. Voilà le premier effet négatif d’un public venu en masse. Si 99% des personnes sont disciplinés et respectueux du spectacle qu’ils sont venus voir. Il suffit malheureusement d’une poignée d’idiots pour gâcher la fête de tout le monde. Et si l’on en croit les vidéos qui circulent sur Facebook… cette fois-ci la situation aura tournée au n’importe quoi. C’est regrettable pour absolument tout le monde.

La journée s’achève donc prématurément sur cette 3ème place que nous comptons bien défendre lors de la 2ème étape.

On prend les mêmes et on recommence… cette fois-ci dans l’autre sens : Lullin, Draillant : respectivement 5ème et 2ème temps. La Clio est parfaite, on s’amuse comme des petits fous !

Dans la spéciale du Biot que nous pouvons enfin disputer (quand il n’y a pas de bagarre générale, ça se passe beaucoup mieux), les 6 premiers de la coupe se tiennent en tout juste 1,1s… personne ne veut rien lâcher ! Le niveau est extraordinaire !

De retour à Morzine pour une petite pause, la pluie s’invite à la fête… mais alors la pluie… de montagne… le prochain chrono se passera dans Joux Verte… les SMS des copains au bord de la route arrivent… le départ est sec, il commence à pleuvoir au col, l’arrivée est trempée… la situation absolument géniale pour choisir les pneus ! Nous partons en pluie… mauvais choix… la pluie s’est arrêtée et la spéciale commence à sécher. La descente est abominable, cette sensation de rouler sur des œufs ne restera pas le meilleur moment du Rallye. Le chrono n’est pas terrible, sans toutefois être catastrophique, nous limitons les dégâts et gardons notre 3ème place. Heureusement nous n’avons pas été les seuls à faire le mauvais choix.

La boucle de l’après-midi est de plus en plus compliquée. Les conditions météo ne s’arrangent pas : Il pleut sur une partie de la Côte d’Arbroz, Morillon est sèche… et elle change toutes les 5 minutes. Le stress monte.

Les conditions de routier son également de plus en plus compliquées. Le public est extrêmement dense. C’est quelque chose de génial en spéciale, cette impression d’un « mini Monte-Carlo », mais un certain nombre de spectateurs, venus uniquement voir Sébastien Loeb fait totalement abstraction de la présence des autres concurrents. Ils redescendent des spéciales et bloquent les routes, sont parfois agressifs… il est temps que ça se finisse, ça devient fatigant.

Dans la Côte d’Arbroz nous n’avons une fois de plus pas les bons pneus. Trop durs. Les choix de marquage se font très tôt le matin, nous n’avons pas fait les bons. Pour la suite il faudra travailler là-dessus. Après des années à rouler dans des formules « pneus de série » nous ne sommes vraiment pas bons. L’écart se creuse, Styve Juif nous éloigne de 6,5s de la première place. Il faut se faire une raison, sauf faits de course, nous ne gagnerons pas. Il ne faut néanmoins pas se relâcher, il y a du monde derrière qui convoite également la 3ème place.

Dans Morillon nous avons les bons pneus mais nous ne sommes juste pas bons. 6ème temps… ce n’est décidément pas notre spéciale !

Nous voilà enfin au départ de la dernière spéciale, Joux Plane. Le stress est à son comble. Il faut y aller et enfin finir. Néanmoins, pas question de se la jouer tranquille, il nous faut ce podium !

Les pneus sont une nouvelle fois trop durs pour la route à 70% humide. Nous donnons tout ! Mais là, gros coup de gueule du Rallye parce que nous avons bien failli tout perdre : A mi-spéciale j’entends Romain dire « il est sérieux lui ? oh ! il est tombé »… c’est à l’arrivée que j’aurais l’explication : nous avons croisé une personne, qui n’avait probablement pas sucé que des glaçons pendant la journée, remontant la spéciale en trottinette et vêtu d’une cape (la cape n’est pas plus dangereuse que le reste mais bon, ça méritait d’être précisé). Alors certes maintenant on en rigole (lui, après sa chute dans le ravin peut-être beaucoup moins) mais faire dévier de sa trajectoire une voiture de course, élancée comme un frelon dans une spéciale n’a rien de drôle… si lui a envie de mourir, il n’est pas obligé d’en faire profiter les autres ! Et dans une moindre mesure, on ne le remercie pas pour la performance sportive. Il est peu probable qu’il nous ait fait perdre les 3,5s secondes qui nous séparaient de la seconde place, mais si nous avions été à la lutte à coups de dixièmes, je pense que nous l’aurions légèrement mal pris (c’est bon à manger une trottinette ???)

Les minutes qui nous séparaient de l’arrivée de Guillaume Canivenq au point stop final furent interminables. Le dénouement aura finalement été en notre faveur puisque nous réussirons malgré la mauvaise monte de pneus à garder cette 3ème place. Quel bonheur de regoûter au podium tout juste 1 an après le dernier !

J’adresse mes félicitations à tous les équipages qui ont pris part à cette lutte acharnée. Je ne vais pas les citer car ils sont nombreux (plus qu’il n’y a de places sur le podium), le tout dans une ambiance vraiment exceptionnelle pour une formule de promotion. Mention spéciale à Romain Di Fante mais surtout à Styve Juif qui est d’après moi la révélation de ce Rallye. Cette course restera vraiment gravée dans ma mémoire comme l’un de mes meilleurs souvenir de Rallye (en espérant qu’il y en ai d’autres bien sûr) !

Je remercie encore et toujours Fun Meca Sport pour leur travail exceptionnel et la préparation sans faille de notre Clio.

Merci à nos quelques sponsors, peu nombreux mais toujours fidèles : Iser’sol, Shiva, RFS, Crédit Mutuel, C-Kub Events.

Merci à Josep et toute l’équipe Renault Sport. Ils nous offrent une formule absolument géniale que nous n’avons plus envie de quitter (et de la pata negra aussi) !

Merci aux spectateurs pour l’ambiance de dingue dans les spéciales (sauf ceux avec des capes, des trottinettes ou des fusils).

Et merci à tous nos copains/colocataires avec qui nous avons passé une superbe semaine, d’autant plus après tous ces mois des « distanciation sociale ».

Merci à toutes les personnes qui nous ont envoyé des infos météo et conditions de spéciales pendant la course.

Merci à Romain de me permettre de rouler à côté d’un pilote avec autant de talent.

Merci à Rallye Infos de me permettre de vous raconter mes petites histoires de Rallye.

Et enfin, merci à vous qui prenez le temps de me lire après chaque course !

Rendez-vous à priori au Rallye des Cévennes 😊

Crédit Photo : http://media.alpineracing.com

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