Humeur Les carnets d'Ophélie

Ophélie Abchiche : « Les Rallyes se suivent et ne se ressemblent pas… »

Le moins que l’on puisse dire c’est que cette année, les Rallyes se suivent et ne se ressemblent pas… Tout juste 15 jours après notre podium au Rallye du Mont-Blanc, nous bouclions déjà nos valises pour prendre la route du Rallye Cœur de France… une course sur laquelle nous devions normalement faire l’impasse…

C’était sans compter la détermination de notre équipe, Fun Meca Sport et de nos partenaires. Nous ne les remercierons jamais assez de nous avoir permis d’être au départ de ce Rallye. Nous aurions tellement aimé leur offrir en échange un beau résultat, malheureusement, dans le sport mécanique, rien ne se déroule jamais comme prévu…

Tout a commencé à la sortie de la liste des engagés, où j’ai eu l’effroi (oui je vais vous expliquer) de découvrir que nous aurions le numéro 43 sur les portières :

J’ai rencontré Romain en 2009. A cette époque, nous roulions tous les deux (mais pas ensemble) en Suzuki Rallye Cup. Au Rallye du Limousin, lorsque je suis arrivée au Shakedown, un arbre venait de « traverser » son capot. Il m’a par la suite raconté que le numéro 43 (qui était le sien) avait toujours été pour lui un numéro porte-malheur. Je ne suis pas du tout superstitieuse, je n’ai pas de grigri ni de « rituels » comme certains peuvent en avoir. Je me suis surtout dit qu’il avait fait n’importe quoi et que le numéro avait bon dos !

C’est en 2015 que nous avons roulé pour la première fois ensemble avec ce numéro… au Rouergue… ceux qui nous connaissaient à l’époque savent de quoi je parle. Pour les autres, je vous invite à taper « Romain Fostier Rouergue 2015 sur YouTube », et vous allez comprendre. Encore une fois un hasard (bien sûr !)

Toujours est-il que, superstitieuse ou non, quand on vous répète pendant des années qu’un truc vous porte la poisse, à un moment donné, ce truc est toujours là pour te stresser un peu quand il apparaît. C’est pourquoi depuis longtemps, je mets un petit mot avec nos demandes d’engagement pour demander de ne pas nous attribuer ce numéro. Mais cette année, nous partions généralement avec des numéros dans les 80/90 et pour une fois… je n’ai rien demandé…

Bref, revenons à notre Cœur de France… Ce n’est pas un numéro qui allait mettre à mal notre détermination à rentrer samedi soir à Vendôme avec un nouveau podium en poche. Même si ce Rallye n’est pas notre préféré, que nous n’y avons participé qu’une seule fois et que le parcours était cette année presque renouvelé à 100%, notre motivation était sans faille. Nous étions néanmoins réalistes et savions qu’il serait impossible de rivaliser avec Thomas Chauffray, d’après nous, intouchable sur cette épreuve.

Dès la première boucle, le ton était donné. Alors que les « faits de course » ont été très peu nombreux sur les précédentes épreuves de la saison, ce Rallye allait s’annoncer très compliqué et riche en rebondissements, pour le malheur des uns et le bonheur des autres.

Dans la première spéciale, les routes sont extrêmement glissantes et de nombreuses sorties de route sont déjà à déplorer dans les équipages du Championnat de France. Nous sommes néanmoins « dans le coup » : 4ème temps. Comme prévu, Thomas et Pauline Chauffray sont au-dessus du lot. Malgré tout, nous ne sommes qu’à 8 dixièmes de Guillaume Canivenq qui occupe la 2nde place. Le match est lancé !

Dans la deuxième spéciale, nous commettons notre première grosse erreur de la saison. Ou plutôt, JE commets une grosse erreur. Une note annoncée bien trop tard, et c’est le tout droit qui nous fait perdre un temps précieux nous reléguant à la 10ème place du chrono. Comme me dit Romain, c’est la première fois en 10 ans que cela arrive (il dit aussi que du coup, je n’ai pas fini d’en entendre parler ^^), mais pour moi, une fois, c’est une fois de trop… je l’ai donc ruminée, ruminée et ruminée, puis, j’ai surtout essayé de comprendre pourquoi. Plusieurs explications : un oubli de surlignage de ligne à la mise au propre des notes, mais également un enchaînement avec peut-être trop de note (donc on va dire que ce n’est pas complètement de ma faute). Bref, on va dire que le principal est d’avoir appris de mon erreur. Le gros avantage est qu’elle m’aura permis de répondre à 2 questions existentielles que je me pose depuis 10 ans : est-ce que Romain m’écoute vraiment ? Et est-ce que mes gribouillages pleins de couleurs ont réellement une utilité inconsciente… les 2 réponses sont donc oui 😊

L’ES3 est une horreur… nous sommes victimes des problèmes de freins sur une grande partie de la spéciale. L’incertitude de savoir si les freins vont fonctionner quand tu es à 180km/h, n’est pas spécialement le truc le plus agréable du monde. Nous réalisons malgré tout une fois de plus le 4ème temps. Nous sommes 5èmes du Clio Trophy à l’issu de la boucle. Rien n’est cependant perdu.

Dans la seconde boucle, les problèmes de freins sont résolus. La copilote annonce les notes à l’heure. Nous remontons sur quelques concurrents, d’autres ont également leur lot de problèmes. C’est à la 3ème place de la coupe que nous ramenons la voiture au parc en fin de journée. Nous sommes plus que satisfaits, même si nos erreurs ont un peu trop creusé l’écart pour espérer atteindre la seconde place à la régulière le lendemain.

Dans le premier chrono du samedi, énorme rebondissement. Thomas et Pauline Chauffray, en tête du Rallye, sont malheureusement victimes d’une sortie de route. Nous réalisons le scratch de la spéciale et passons de ce fait 2nd du Clio Trophy.

Les routes sont dangereuses, nous n’avons rien à gagner à essayer d’aller chercher autre chose. Nous décidons de ne plus rien jouer et de « simplement » gérer notre course pour maintenir cette position jusqu’à la fin du Rallye. Les écarts derrière son déjà « confortables », en roulant sans prendre trop de risques et en ne faisant pas d’erreur, la mission nous semblait facilement réalisable.

Malheureusement, nous jouons de malchance dès la spéciale suivante… alors que tout se passait pour le mieux, nous frôlons d’un peu trop près une botte de paille. Roue braquée… l’angle de la botte nous arrache un demi-train, stoppant là définitivement notre course. C’est rageant… il y a certes une part d’erreur de notre part dans cette sortie, mais pas que… premièrement, cette botte, placée dans une corde, n’était pas là pour protéger quoi que ce soit (comme cela est normal pour un poteau ou un arbre) et n’était pas signalée sur le road-book, et pour cause… le commissaire, venu sur notre sortie me dira « oh mais elle n’aurait pas du être là… elle dépasse de moitié de la trace de peinture, on va la remettre où elle aurait dû être »… effectivement c’est bien, mais pour nous c’est trop tard… bref, c’est la faute à pas de chance… ou peut-être au numéro 43 ?

Le résultat est un peu lourd pour le moral et encore plus pour le Championnat, mais cela n’entame en rien notre détermination et notre plaisir de rouler dans cette coupe. C’est pourquoi notre regard est déjà tourné vers le Rallye des Cévennes. Cette sortie va malheureusement fortement mettre à mal notre budget prévu pour y participer, mais nous allons travailler presque 7j/7 jusque là afin de tout faire pour ne pas rater ce dernier Rallye de la saison où, si nos calculs sont bons, nous pouvons encore prétendre à terminer sur le podium final du Clio Trophy. Certes, cela ne nous changera rien à la vie, mais pour la satisfaction personnelle et sportive, ce serait quand même génial. Le principal pour nous n’étant pas forcément d’attendre nos objectifs, mais simplement d’en avoir !

Il faut de toute manière relativiser. Certes ce qui nous est arrivé est décevant, mais ce n’est pas bien grave. En écrivant aujourd’hui, j’ai une grosse pensée pour Thomas et Pauline. Sortir est une chose, au rythme de ce genre de formule, c’est presque inévitable. Se faire mal en est une autre… nous espérons qu’ils se remettront très vite et qu’ils seront de retour rapidement dans le Clio Trophy.

Je tenais également à dire un mot à propos de l’organisation du Rallye Cœur de France. Quand je raconte mon Rallye ici, ou quand j’en parle, je ne donne pas forcément une très belle image de cette course. Quand je dis que je n’aime pas trop cette course, je parle évidemment du profil des routes. C’est une simple question de goût personnel. Néanmoins, il en faut pour tout le monde sur un Championnat, et ce qu’on peut dire, c’est que l’organisateur fait tout ce qui est en son pouvoir pour proposer une épreuve agréable aux concurrents : toilettes à tous les départs de spéciale (cela peut paraître anecdotique et curieux de parler de ça, mais je vous jure que c’est un luxe absolu sur un rallye), ostéopathe à disposition de tous, navettes permanentes pour nous conduire de parc en parc… c’est pour moi l’un des Rallyes les mieux organisé et où nous sommes les mieux reçus de tout le Championnat, et cela méritait d’être souligné.

J’adresse également un grand merci aux spectateurs qui nous ont « recueillis » après notre sortie, nous avons passé un super moment. Grace à cela, cette sortie se transformera dans quelque temps en un très bon souvenir de Rallye.

Et enfin, un grand grand grand merci à Fun Meca Sport pour l’énergie que toute l’équipe mets à notre disposition pendant et entre les courses pour que nous puissions vivre tous ces moments que nous ne pensions à nos « grands âges » plus jamais connaître. On promet qu’on va finir par l’ouvrir cette bouteille de Champagne !!!

Rendez-vous nous l’espérons dans un mois du côté de Montpellier pour le Rallye des Cévennes ! Nous n’avons pas attendu et sommes déjà sur le pied de guerre pour réussir à être au départ ! (Par contre si on pouvait éviter le numéro 43… ça arrangerait tout le monde ^^)

5 1 vote
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires