Humeur Les carnets d'Ophélie

Ophélie Abchiche : « Nous n’avons pas envie de rester sur une telle déception… »

Plus motivés que jamais, c’est à peine 10 jours après l’arrivée du Rallye du Touquet que nous quittions nos montagnes Alpines pour rejoindre celles des Vosges. L’objectif était simple : terminer le Rallye sur le podium du Clio Trophy, marquer un maximum de points pour notre équipe Fun Meca Sport lors de la Powerstage ou… ne pas terminer du tout. Voyons le côté positif, nous aurons finalement rempli 2 des 3 objectifs… même si ça n’aura pas totalement été ceux escomptés.

Même si le parcours était pour Romain et moi totalement nouveau, les routes Vosgiennes sont loin de nous être inconnues puisque depuis nos débuts, nous les avons arpentées dans de nombreuses « versions » (Vosges Grand-Est, Alsace-Vosges, Rallye de France). Des routes piégeuses, bosselées et souvent sales que nous adorons, malgré une difficulté assez extrême qui ne nous ont pas souvent portées chance. Cette année n’aura malheureusement pas fait exception…

Dès les reconnaissances, le ton est donné. Les orages et pluies diluviennes ont marqués le parcours. Le Rallye se fera sur le sec, mais la boue sera sans nuls doutes de la partie. Les routes cassantes auront même raison de notre DS3 avec la perte de la ligne d’échappement avant la fin de la première journée. Je profite de ce texte pour remercier les personnes qui se sont occupées de sa réparation en urgence afin que nous puissions terminer les reconnaissances le lendemain.

Toujours sous mesures Covid, ce Rallye, à l’image du Touquet, aura lieu à huis-clos. Pas de spectateurs, des parcs excentrés, pas de Shakedown, l’ambiance est encore un peu « triste », mais pour encore quelques semaines, ce sont les conditions auxquelles nous devons encore nous plier pour avoir le droit de rouler. C’est néanmoins avec toujours autant de plaisir que nous y retrouvons notre équipe et leurs nouveaux (et anciens) équipages, toujours aussi sympas.

Vendredi, le Rallye est lancé. La première boucle se déroule à la perfection puisque nous rentrons à mi-étape 3ème du Clio Trophy, a tout juste 5 petites secondes du 2ème. Nous sommes plus que ravis et partons dans la seconde boucle avec l’objectif de tenter de récupérer cette 2ème place sur le podium, malheureusement, la mécanique en décidera autrement… dans la spéciale N°4, nous cassons un cardan, anéantissant tous nos efforts et notre belle gestion de course.

Nous savons que nous repartirons le lendemain en Rally 2, avec encore l’objectif de marquer un maximum de points dans la Powerstage et prendre les quelques points que nous marquerons en allant simplement au bout de la course… la pénalité infligée après un abandon ne permettant pas de pouvoir finir autre que derniers du Trophée.

Comment masquer sa déception ? Oui il faut relativiser, oui cela aurait pu être pire, oui si on n’accepte pas la casse mécanique il ne faut pas faire un sport mécanique… mais honnêtement, est-ce que ça change quelque chose ? Ceux qui me connaissent savent que je vis les émotions un peu plus intensément que les autres. Ils savent aussi que je vis les choses sur lesquels nous n’avons pas le moindre pouvoir comme une injustice presque insurmontable. Je n’ai jamais eu vraiment de mal à supporter une sortie de route. Une crevaison ? C’est pas de bol mais il y a une part d’erreur… une casse mécanique sur une voiture bâclée, pourquoi pas… mais la casse d’un cardan neuf de la veille, sur une voiture préparée à la perfection, avec laquelle nous n’avions fait aucune erreur de pilotage… c’est pour moi une injustice. Insurmontable aujourd’hui, mais heureusement qui sera (je l’espère) rapidement balayée par de meilleures choses. C’est la faute à pas de chance… mais comme je n’ai jamais vraiment cru à la chance, ce n’est pas facile à accepter. On va plutôt dire que ce n’est de la faute à personne et que ça arrive un jour à tout le monde.

Si on veut en tirer un côté positif, on pourra parler de cette seconde journée en Rally 2. Pour commencer, c’est plus détendu que jamais que nous démarrons cette étape. Quand l’objectif est de « simplement » rentrer, il n’y a pas de quoi se stresser. Reclassés en queue de peloton, nous avons même l’impression de vivre un « Mini Clio Trophy », puisque, n’ayant pas été les seuls malchanceux de la première étape nous repartons avec plusieurs autres équipages de la coupe. Au moins, nous aurons passé une très bonne journée dans une ambiance ultra détendue.

Seule exception à cette petite promenade de santé : la Powerstage. Pour les non-initiés : une spéciale est désignée comme telle par les organisateurs du Clio Trophy sur chaque course. Le premier de cette spéciale marque 10 points supplémentaires, le second 9 points etc… même les équipages en Rally 2 peuvent y prétendre et, en cas d’abandon après celle-ci, les points restent tout de même acquis.

La spéciale N°9 d’Ormont était initialement désignée comme telle pour ce Vosges Grand-Est, longue de 28km, celle-ci figurait parmi nos préférées. Nous avions décidé de la préparer au mieux et l’avions travaillée en vidéo toute la soirée de la veille.

Après une heure de neutralisation au départ, il est finalement décidé par le collège que cette spéciale s’effectuerait pour nous en liaison. La Powerstage sera donc finalement l’ES suivante, celle de Mandray, certes beaucoup plus courte, mais au combien plus difficile et piégeuse. Que nous n’avions qui plus est pas eu le temps de travailler en vidéo… Nous décidons finalement ne pas nous stresser et de simplement faire « au mieux ».

Le rythme est bon, très bon même. Les passages piégeux se font sans la moindre erreur. L’arrivée est un peu « Rock’n roll », pour la petite histoire, les quelques derniers mètres sont extrêmement bosselés, Romain décide de passer « à fond », je pense qu’en 10 ans nous n’avons jamais passé quelque chose de si piégeux aussi vite. Au fond, l’arrivée dans un virage à gauche. Plus une roue ne touche par terre, le freinage s’annonce compliqué. J’ai le temps de me dire que jamais nous n’éviterons le talus juste en face, j’espère qu’il nous enverra en tonneaux par la gauche pour juste passer la ligne d’arrivée et avoir quand même ces précieux points ! Finalement, pas de sortie, nous l’avons fait. Mais quoi au juste ? N’y avait-il pas trop d’attaque ? Nos doutes sont rapidement dissipés… nous réalisons le meilleur temps du Clio Trophy ! Ravis, fiers de nous… Romain dira même qu’il est plus fier de ce temps scratch que de certains podiums que nous avons pu faire dans d’autres formules.

La fin du Rallye est trèèèès longue… se « promener » juste pour rentrer, c’est sympa 5 minutes, mais c’est long. C’est sur le routier qui nous ramène au parc que l’euphorie de la journée retombe. Tout ça pour finalement pas grand-chose. Cette sensation d’avoir fait un très beau rallye, de ne jamais avoir été aussi performants, pour finalement un résultat décevant.

Et quand je parle de déception, c’est encore pire que ce que je pensais. Au jeu du barème de points, cet abandon nous relègue à la 8ème place du Clio Trophy… Je ne suis pas mauvaise perdante, j’ai toujours accepté nos places quand elles étaient justes. Mais cette fois-ci, 8ème n’est clairement pas la nôtre.

Je ne me prononce pas sur notre présence sur la prochaine manche au Rallye du Rouergue début juillet. A l’heure actuelle, notre budget ne nous le permet pas. Maintenant je ne vais pas non plus affirmer que nous n’irons pas, au départ nous n’étions partis que pour faire le Mont-Blanc 2020 et finalement nous n’avons pas encore raté une seule manche… ce qui est certain, c’est que nous n’avons pas envie de rester sur une telle déception et que nous avons toujours ultra envie de continuer à rouler dans cette Clio, dans ce Trophy et chez Fun Meca Sport.

Il est maintenant temps de travailler autant que nous le pourrons pour pouvoir nous l’espérons annoncer très rapidement de bonnes nouvelles…

Merci à tous.

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