Histoire Peugeot

Peugeot et le rallye : Une histoire d’amour

Le 23 Juillet 1894, Peugeot écrit les premières pages de l’histoire du sport automobile en remportant le Paris – Rouen avec un Quadri cycle à pétrole piloté par Doriot. Au début du siècle, Peugeot s’impose au Grand Prix de France avec une L76 pilotée par boillot puis à Indianapolis. Les ancêtres des rallyes modernes. Quelques décennies plus tard, les 203, 403, 404 et 504 conquièrent les grand espaces africains et sud – américains, la petite 104 illumine le Championnat de France et la fabuleuse 205 T16 est sacrée deux fois Championne du monde. Est – il étonnant qu’à l’aude du XXI ème siècle que Peugeot soit là pour relever le défi des rallyes ?

Si le premier succès de Peugeot remonte au siècle dernier, le constructeur sochalien a surtout bâti sa notoriété sur les circuits français. Mais entre les deux Guerres, Peugeot oriente ses modèles (201 puis 402) vers la compétition routière. En 1931, la 201 remporte le Rallye de Monté Carlo. L’aventure et l’histoire de Peugeot dans les rallyes commencent à cette période.

Après la seconde guerre mondiale la 203 sort des chaînes de montage. Ce modèle polyvalent mais aux freins délicats sera au départ de rallyes aussi variés que le Monté Carlo ou les rallyes africains. Si la première victoire de classe ( 1500 cm3 ) de la 203 remonte au Circuit des Vosges avec Périat, c’est au Rome – liège – Rome en 1950 que la 203 signe son premier scratch, tout comme deux ans après aux 1000 lacs avec Elo, la filière Finlandaise est en marche. De 1952 à 1960, la 203 caressera la gloire avec 23 victoires de classe et des podiums comme au Monté Carlo 1954.

En 1955, la 403 remplacera la 203, mais son poids et son manque de puissance face aux MG, Alfa Roméo ou autres Volvo feront que la 403 se dirigera bien vite vers des épreuves d’endurance. Ces seuls succès seront des victoires de classe mineures dans des épreuves nationales comme au Limousin 1957 par exemple.

En 1960 avec la 404 et en 1962 avec la 404 KF Peugeot va parcourir le monde face à Volkswagen, Mercedes et DKW afin de démontrer la robustesse et la fiabilité des ses modèles. La 404 gagnera au Safari en 1963, 1964, 1965 et 1968 mains de Novicki et en 1966 et 1967 aux mains de Shankland, au 1000 Milles de Tanganyaki en 1964 toujours avec Shankland. La 404 gagnera aussi sur le continent Américain comme en 1965 avec sa victoire au Rallye d’Argentine avec le pilote Santamarina après un périple de 4000 kms.

Mais face à la pression du public qui s’émerveille devant les pilotes comme Waldegaard, Alen ou Therier et devant des modèles comme L’Alpine – Renault 1300s ou la Porche 911 T ; Gérard Allegret, Directeur de Peugeot, engagera la marque sur les rallyes sprints dès 1970. Le début de rallyes modernes.

La marque sera au départ du Tour de Corse 1970 avec une 504 de 100 Chevaux confiée à l’équipage Guichet – Todt et avec une 304 confiée à l’équipage Jabouille – Flocon. La 16 ème place scratch de la 504 réconfortera l’équipe et enflammera les esprits d’une poignée de cols – blancs qui auront déjà la perspective d’un engagement de Peugeot en Mondial.

Mais en fait la 104 ZS apparaît timidement en Corse ou au Portugal et il s’agit plus d’une opération commerciale qu’un engagement officiel. Peugeot vit les années 70 depuis le continent africain où la 504 s’illustre en Côte d’ivoire, au Maroc, au Safari Rallye, au Zaire ou au Kenya. A partir de 1974 Peugeot ne confie ses 504 qu’à des pigistes de luxe comme Mikkola, Lampinen, Makinen, Nicolas ou Frequelin. Peugeot reste absente face aux victoires d’alpine – Renault depuis la création du Championnat du Monde des Marques créé en 1973. Une raison à cela, à la fin des années 70 – début 80, Sunbeam (qui deviendra Talbot) est une filiale du groupe PSA détient le cocktail explosif avec un moteur Lotus et ses pilotes Fréquelin et Henri Toivonen. Sunbeam sera d’ailleurs sacrée en 1981 Championne du Monde des rallyes par sa régularité. Peugeot ne peut concurrencer une des ses filiales dont elle a pris le contrôle depuis 1979.

Mais après sa fusion avec Talbot Peugeot se trouve impliqué dans un autre programme sportif, celui de la Formule 1 pour les années 1981 et 1982 avec l’écurie Ligier – Matra – Talbot. Mais bien vite Peugeot s’aperçoit que Matra et Ligier s’attirent les honneurs alors que Peugeot – Talbot reste considéré comme un partenaire financier. Dès lors Peugeot hésite à garder son implication et pense à revenir en rallyes.

Le projet M24-RALLYE :

Deux hommes vont alors construirent l’avenir de Peugeot.

Le premier est Jean Todt qui garde depuis le Tour de Corse 1970 des relations avec des hauts placés de Peugeot. En Juin 1981 il est reçu par Jean Boillot, président de Peugeot et expose sa vision de l’avenir sportif de Peugeot. En Septembre une seconde entrevue a lieu. Jean Todt dévoile les grandes lignes du projet M24 – Rallye (M24 est le nom de code de la future 205). Le 19 Octobre 1981, il prend la Direction de la Compétition.

Le second est Jean Boillot qui est le président d’Automobiles Peugeot. Deux options s’offrent à lui ; soit rester en Formule 1, soit s’engager en Championnat du monde des rallyes. Deux paramètres vont lui donner raison. D’une part l’engagement de Renault et de ses moteurs Turbo dont Matra ne peut suivre. Et d’autre part le projet 205 le séduit tant dans le domaine sportif que dans le domaine commercial et engager la 205 donnerait de bonnes retombées pour la positionner entre le haut et bas de gamme.

Le projet 205 Turbo 16 met trois mois à naître car la fusion avec Talbot et la crise pétrolière mettent Peugeot dans une position financière délicate pour lancer le projet. Mais la vision de Jean Todt et l’audace de Jean Boillot auront raisons des difficultés.

La 205 Turbo 16 sera dérivée des 200 exemplaires de série que l’homologation Groupe B FIA demandait. Moteur central sur – alimenté de nouvelle génération (bloc XU) et amortisseurs de systèmes de triangles superposés permettant des réglages Mc Pherson, une révolution. La maquette taille réelle sera finie en Octobre 1982,et la première 205 Turbo 16 sortira des ateliers en Août 1983. Sa première course s’ effectuera en Octobre 1983 dans le trophée Jean – François Piot où Jean- Pierre Nicolas se classera second derrière une Visa Groupe B.

Son premier rallye se réalisera au Tour de Corse 1984 et marquera l’engagement officiel de Peugeot en Championnat du Monde des rallyes, et gagnera sa première victoire aux 1000 lacs la même année. La 205 Turbo 16 remportera 2 titres de Championne du Monde des rallyes avant que les Groupes B soient tués et que Peugeot s’engage en rallyes raid comme au Paris Dakar avec la 205 Turbo 16 ou avec la 405 Turbo 16 pour pallier à son retrait officiel en Championnat du Monde des Rallyes. Les ex – groupe B courront aussi à Pikes Peak avec Vatanen ou Kankkunen avec réussite.

Un engagement moins officiel sera présent en rallyes chez Peugeot au début de années 90, juste quelques apparitions en Championnat de France pour les lauréats des formules de promotions comme François Delecour avec la 309 GR.A ou Panizzi et Bruzzi avec la 106 GR.A ou encore Doenlen avec la 309 GR.A. Un simple développement pour la compétition client.

Peugeot reviendra officiellement en 1995 à l’Alsace-Voges avec la création par la FIA d’un championnat du monde ouvert aux 2 litres, 2 roues motrices atmosphériques afin de réduire les coûts . Mais la FIA se rétractera par manque de constructeurs engagés. La 306 MAXI sera officiellement engagée dès 1996 dans le Championnat de France lui ouvert aux seules KIT CARS. La 306 MAXI comblera le vide laissé par la 205 Turbo 16, et onze victoires et deux titres de Champion de France avec Gilles Panizzi prépareront en fait le retour du Lion en Championnat du Monde avec la petite sœur de la 205 Turbo 16, la 206 WRC.

Le retour gagnant en mondial !

Beaucoup de personnes pensaient que faire mieux que la 205 Turbo 16 serait impossible. Après un an de Mondial Peugeot Sport totalise : 1 titre de Champion du monde constructeur et un titre de Champion du monde pilote avec Marcus Gronholm. La 206 WRC est mieux que la digne relève de la 205 Turbo 16, elle est entrée dans la légende, tout comme Marcus Gronholm.

Il n’aura suffit au géant finlandais que d’une année de Mondial pour devenir le meilleur pilote du monde. Mais aujourd’hui quelle est la motivation pour Peugeot ? Garder ses titres de Champion du monde et lancer la relève (Cédric Robert et Nicolas Bernardi) avec la petite soeur la 206 Maxi. Quel rêve serait plus beau que devenir Champion du monde des rallyes et champion du monde « Super 1600 » ?

Si quelques années plus tard l’aventure de la 206 Super 1600 s’est soldée par un demi échec malgré les efforts de Cédric Robert et de ses amis, l’aventure Peugeot continue avec la nouvelle née la 307 WRC !

La 307 WRC n’aura pas eu les effets attendus ! Effectivement, malgré trois victoires en WRC la 307 WRC n’aura jamais égalée la 206 WRC dans les coeurs des passionnés. De plus la mort de Michael Park lors du rallye du RAC viendra assombrir une saison 2005 bien noire… PSA annoncera par ailleurs le retrait officiel de l’équipe Peugeot Sport à la fin de cette saison.

La 207 Super 2000 pousse ses premiers cris le 16 Mai 2006 avant d’effectuer ses premiers tours de roues avec Gilles Panizzi au Rallye d’Antibes. Elle marque le grand retour du lion au premier plan avec un titre de Champion de France asphalte pour Bryan Bouffier, un titre de Cahmpion de France terre pour Germain Bonnefils et un titre de Champion IRC pour Nicolas Vouilloz. Il faut associer une victoire de prestige au Monté Carlo avec Sébastien Ogier. La 207 Super 2000 obtiendra aussi d’autres victoires dans différents championnats. Cette 207 s’inscrit dans la lignée de ses glorieuses ainées que furent la 206 WRC et la 205 Turbo 16.

En 2013 c’est la Peugeot 208 Turbo 16 qui reprend le flambeau…

A la surprise générale, Peugeot effectue son retour sur les pistes du Dakar avec le 2008 DKR dès 2015 avec le projet ambitieux d’imposer une deux roues motrices avec à son volant une Dream Team composée de Sébastien Loeb, Carlos Sainz et Stéphane Péterhansel.

Pourtant il faudra attendre 2017 et la 3008 DKR passée en quatre roues motrices et la victoire de Stéphane Péterhansel pour voir Peugeot s’imposer de nouveau sur le Dakar et de voir Carlos Sainz doubler la mise en 2018 avant un arrêt brutal du programme.

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